EXTRAIT
Au Mont-Noir de jour et de nuit
(Demeure nomade)
Demeure aux fenêtres éclairées
lampes vigies
fanal à flanc de prés pentus
Dressée
ferme et sans arrogance
dans la nuit l'encre
Entre les arbres étagés
veilleuse du Mont Noir
visible alentour phare immobile
*
Tu meurs dans l'embuscade du matin
merveilles mises au jour
par les plongées sacrilèges
Tumultes des songes apaisés
comme le flots se calmerait
sous les pas du soleil (...)
*
Le jour plie bagages
la lumière s'attarde
entre les pommiers centenaires
Les lointains se retirent
dans l'indistinct
s'effacent s'oublient
La chouette chevêche
à l'angle de la Villa
crie l'extinction d'une ère
*
Tu vas rentrer au couvert des frontières
creuser en toi
l'aire d'écriture
Sable sur lequel tracer tes signes
toujours incertains
pudiques
(in Longue demeure)
Chanson pour un matin de Pâques
(La Vie à foison)
Mes enfants sont dans les arbres
J'ai ouvert la cage
La maison respire dans la lumière
et
le soleil pénètre par la porte
qui
ouvre les bras
La poussière chante dans les rayons obliques
de
ce matin léger
Le Seigneur s'est introduit dans ma maison
et
Il s'est assis : comme il fait bon chez toi
Je travaillais je ne L'avais pas vu entrer
Alors j'ai posé mon ouvrage
et
je me suis assise près de Lui
Et j'ai regardé avec Lui l'éclat de ce jour
Symbiose
(D'amour et de cendres)
homme à la femme confondu bouches
ensevelies délivrant les paroles corporelles les
mains reconnaissent découvrent leurs territoires
les corps s'affrontent se défient se défont
et toujours se resserre l'étreinte prenants pris
saisis donnés qui départagerait
les offrandes les butins?
dehors la nuit ou le jour pèse
sur la terre le soleil troue le feuillage
ou la pluie pénètre la mer
qu'importe chacun dit à sa façon
l'alliance et le plaisir déferlant
le cri d'aise la solitude rompue
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