Ce
sont des chambres d'humus, de mousse intime dans le clair-obscur
du sous-bois sans témoin ni voyeur, avec ses enracinements,
ses explorations, ses recueillements idolâtres. Ou
alors, suspendues dans les arbres, des cabanes traversées
de ciel. La parade, la quête intrépide et les
dons dilapidés. Ni ruines ni cendres, rien que le
phénix des saisons, le vent et sa ferveur. Ou encore,
loin des lisières incertaines, ces clairières
pour les étapes furtives entre deux vélos
échoués à même les fougères.
S'accoster, s'enclaver dans l'urgence. La fougue ignore
le terreau humide, défie fourmis ou araignées,
se grise de parfums de champignons écrasés,
d'écorces résineuses.
Chambres
forestières, champ clos toujours vert : la hampe
dressée des jeunes jacinthes et cette violette découverte
avec précaution en écartant les lèvres
d'herbes. L'embranchement des arbres, l'écartèlement
de ton corps.
Au
couvert des épilobes, conspiration du plaisir ; étourdissement
; bouches endolories, pulpes des doigts éraillés.
Nos yeux accompagnent les fils de la vierge balancés,
loin, au-delà du tamis des feuilles, dans un jet
de lumière bruissante.
(forestières)
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