EXTRAIT
12 Que
deviendront cette chambre, cette salle de séjour,
ce territoire dont tu étais la souveraine ? Revient-on
sur les lieux hantés ? Quelqu'un taillera la haie,
désherbera, plantera d'autres fleurs. Tentures rafraîchies
et tapis secoués, le coin du feu offrira le réconfort
que tu mendiais les soirs de vent noir.
Le
Requiem de Fauré résonne de pièce
en pièce. Les gerbes envoyées à ta
gloire resplendissent. Tu es encore dans ta maison.
13
Nous
allons sans savoir, obscurcis et chancelants. Ta main ne
soutient plus la nôtre et ta voix est si basse que
nous ne l'entendons plus. Nous interrogeons les murs et
les nuages. A qui adresser les reproches, les insultes qui
nous échappent : pourquoi elle ? Pourquoi si tôt
? Et nous ? Et moi ?
Nous
nous cognons aux questions sans interlocuteur. Nous marchons
cependant, comme elle avançait. On a parlé
d'une lueur, d'une clarté, le troisième jour.
L'espérance est chevillée à la douleur.
14
Ce
matin, la neige et un rouge-gorge? La mort écrouée
sous tant de clarté.
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